165 spots dans trente kilomètres : le total le plus modeste des grandes villes du Midi, et il tient à une phrase. Nîmes n'a pas de rivière. Elle vit depuis l'Antiquité d'une source sortie du calcaire, et son premier vrai cours d'eau coule à onze kilomètres.
Mis à jour en août 2026 · données Fishera
Passez les grandes villes françaises en revue : chacune est posée sur un fleuve ou une rivière. Nîmes fait exception. Aucun cours d'eau permanent ne la traverse. Ce qui descend des garrigues du nord ne coule que par épisodes, dans des ravins secs appelés ici cadereaux — celui d'Uzès est recensé à 2,3 km du centre. Le premier vrai cours d'eau, le Gardon, passe à onze kilomètres au nord.
Ce n'est pas une curiosité de géographe, c'est l'explication chiffrée de cette page. 165 spots à trente kilomètres, 806 à cinquante : presque cinq fois plus quand on double le rayon, l'écart le plus violent relevé sur une ville du Midi. Le rayon nîmois n'est pas pauvre, il est décentré — le trait de trente kilomètres passe juste avant les grands ensembles : canal du Rhône à Sète, Camargue, basse vallée du Gardon.
Les quatre points les plus proches du centre portent le même nom : la source de la Fontaine à 1 km, le canal de la Fontaine sur trois points entre 700 et 900 mètres. C'est autour de cette résurgence, sortie du calcaire au pied du mont Cavalier, que la ville s'est installée et qu'elle a vécu deux millénaires ; l'ensemble est devenu au XVIIIe siècle un jardin classé, avec bassins maçonnés et canal rectiligne.
Autant le dire franchement : c'est un monument et une ressource en eau, pas un parcours. Si ces points figurent au catalogue, c'est qu'un inventaire cartographique recense des surfaces en eau, pas des droits d'y pêcher. On les cite parce qu'ils expliquent tout le reste.
La Fontaine ne sort pas de nulle part. Elle est l'exutoire d'un système karstique — un réseau de fissures et de conduits creusés dans le calcaire — dont le bassin d'alimentation s'étend au nord de la ville, vers le Gardon. Et c'est là que les deux moitiés de cette page se rejoignent : en amont des gorges, vers Dions et Russan, le Gardon perd une partie de son débit dans la roche. En fin d'été, son lit peut être sec en surface sur des tronçons entiers pendant que l'eau continue de circuler dessous. Les hydrogéologues rattachent une part de cette eau perdue au massif qui alimente la Fontaine.
Ce mécanisme vaut mieux, pour un pêcheur, que la phrase habituelle sur les rivières méditerranéennes qui baissent en août. Ici, l'eau ne s'évapore pas seulement : elle s'enfonce. Un point cartographié sur le Gardon peut être un banc de galets en juillet, et le poisson se retrouve entassé dans les rares vasques que le karst n'a pas vidées — chaud, fragile, et sur lequel il vaut mieux ne pas insister.
Le premier se lit sur la carte sans qu'on le devine. La plupart des points d'eau les plus proches du centre — bassin de Mittau à 2,6 km, de l'Oliveraie à 2,9, Romarins à 3,3, Roquemaillère à 3,4, Pierre Blanche et Mourre Froid à 4 — sont des bassins de rétention, construits pour encaisser la crue des cadereaux qui dévalent la garrigue. Un bassin de rétention est une pelouse trois cent soixante jours par an et un déversoir le trois cent soixante et unième : pas un étang, pas un endroit où s'installer, et plusieurs sont clos.
Le second, sur le Gardon, ne se gère pas avec la météo qu'on a au-dessus de la tête. La pluie qui fait monter la rivière tombe sur les Cévennes, des dizaines de kilomètres au nord-ouest, et l'onde arrive plusieurs heures plus tard. Dans les gorges, entre Russan et Collias, la difficulté n'est pas de voir monter l'eau : c'est de pouvoir sortir. Parois hautes, sentiers rares, couverture téléphonique inégale. Trois règles, dans cet ordre : repérer sa remontée avant de monter la canne ; ne jamais s'installer entre l'eau et une paroi ; quitter le lit dès que le courant se teinte ou charrie des brindilles.
Avant de charger la voiture — hauteurs et débits relevés en continu sur les stations du Gardon. Sur un bassin cévenol, c'est une consultation de sécurité avant d'être une décision de pêche.
Consulter les niveaux d'eauSous dix kilomètres, la liste est courte : Mas Neuf à 3,9 km, le domaine des Étangs de Camargue à 4,8, l'étang du parc du Mas Praden à 5,8, l'étang de la Bastide à 6,2, la réserve d'eau de Barutel à 6,7. Le rayon compte 8 étangs privés payants, et une bonne part de ces pièces en relève : droit d'entrée et règlement de l'exploitant.
Entre dix et quinze kilomètres, le paysage change. Le Gardon apparaît à 10,9 km, les gorges à 11,2. Surtout, le sud-est ouvre sur le plateau des Costières et un réseau que peu de Nîmois associent à la pêche : le canal des Costières, recensé sur quatre points entre 11,2 et 13,3 km, le canal de Campagne à 8,3 — des ouvrages d'irrigation alimentés depuis le Rhône, berges plates et niveau tenu. Le lac de Garons à 9,8 km, le lac Sautebraut et le lac du Haut Broussan à 13 complètent le secteur. En volume, c'est le vrai terrain de la ville, et le plus fiable quand tout le reste est bas.
Au-delà, le cercle mord sur deux voisins : 23 spots dans les Bouches-du-Rhône, à l'est vers le Rhône, et 5 dans l'Hérault, à l'ouest une fois le Vidourle franchi. Trois départements, donc trois arrêtés préfectoraux dans trente kilomètres.
Voir où va l'eau — canaux des Costières, plans d'eau de Garons, accès au Gardon. Un rayon dont la richesse est périphérique se lit mieux sur une carte.
Ouvrir la carteUn seul point du rayon est classé « rivière ou fleuve ». C'est dire. Le cours d'eau qui touche vraiment l'agglomération coule au sud, vers Caissargues et Bouillargues : le Vistre, qui file ensuite vers la Petite Camargue. Longtemps rectifié en fossé et dégradé par les rejets de la plaine, il a fait l'objet d'un des plus gros chantiers de renaturation de la région : méandres recreusés, berges reconstituées, ripisylve replantée. Le milieu revient. La qualité de l'eau, elle, reste un sujet suivi : sur ce bassin, la consommation d'une capture se vérifie auprès des autorités sanitaires plutôt qu'au jugé, et la remise à l'eau reste le réflexe le plus simple.
Le rayon en compte onze, et aucun n'est en mer : des équipements de bord d'eau que la catégorie « pêche en mer ou littoral » ramasse sans distinction de salinité. Elle traîne un trio recopié en bloc : bar, dorade et seiche, sept signalements chacun, au poisson près. Trois totaux rigoureusement égaux ne décrivent pas une faune, mais un lot de fiches remplies ensemble.
Le classement est celui d'une eau lente tenue par des ouvrages : canaux d'irrigation, plans d'eau et retenues font le peuplement.
| Espèce | Spots | Où la chercher |
|---|---|---|
| Brochet | 72 | plans d'eau des Costières, sections lentes des canaux |
| Gardon | 69 | canaux d'irrigation, bordures d'étangs |
| Perche | 56 | ouvrages, vannes, enrochements de retenue |
| Brème | 47 | fonds plats et lents, canal de Campagne |
| Carpe | 30 | grands plans d'eau, étangs payants |
| Tanche | 16 | étangs peu profonds et végétalisés |
| Sandre | 7 | 4 lacs de barrage du rayon, fosses de retenue |
La fin de liste confirme le diagnostic : un seul signalement de truite, un seul de silure — un rayon sans rivière ne produit pas de poissons de courant. Sur le Gardon et vers le Rhône voisin, deux espèces relèvent du patrimoine et jamais de la cible : l'anguille, en très mauvais état de conservation et strictement encadrée, et les aloses, qui remontent frayer. Capture accidentelle : retour à l'eau immédiat, sans pesée. Trois mois de carnet valent ici toutes les moyennes.
C'est le point faible du rayon, et le nier ne servirait à rien : depuis l'écusson, rien de pêchable ne se rejoint à pied. La Fontaine est un jardin, les bassins ne sont pas des étangs. Le réseau urbain descend en revanche vers Caissargues et Bouillargues, ce qui met le Vistre à portée d'un bus. Pour le reste, la réponse est le vélo : onze kilomètres de faux plat jusqu'au Gardon, une petite heure — le retour se faisant dans la montée et, sept mois par an, dans la chaleur.
En eau libre — Gardon, Vistre, canaux classés, plans d'eau gérés — la carte de pêche délivrée par une AAPPMA est obligatoire, et les modalités figurent dans l'arrêté préfectoral du département concerné : Gard le plus souvent, Bouches-du-Rhône ou Hérault sur les marges. Les 8 étangs payants suivent le règlement de leur exploitant.
Deux couches s'ajoutent ici. Les gorges du Gardon sont un espace naturel protégé doté de ses propres règles d'accès, de circulation et de bivouac, fixées par le gestionnaire du site et non par l'association de pêche. Et une large part des ouvrages urbains et agricoles — bassins de rétention, canaux d'arrosage, retenues collinaires — appartient à une commune, à un syndicat ou à un privé, qui peut en interdire l'accès sans que la pêche soit en cause. Une berge ouverte n'est pas une berge autorisée.
Gard (30) · Bouches-du-Rhône (13) · Hérault (34)
165 à 30 km, tous en France : 137 dans le Gard, 23 dans les Bouches-du-Rhône, 5 dans l'Hérault. À 50 km : 806.
Aucune rivière ne la traverse : ce qui descend de la garrigue passe par des cadereaux secs, et le Gardon coule à onze kilomètres. Le rayon n'est pas pauvre, il est décentré.
Non : la source et son canal forment un jardin classé, monument et ressource en eau. Un inventaire recense des surfaces en eau, pas des droits.
Il exige de la discipline. La crue naît sur les Cévennes et arrive des heures plus tard sous un ciel bleu. Dans les gorges, le sujet est de pouvoir sortir : on repère sa remontée avant de pêcher.
Pas sur le Gardon amont, qui s'enfonce dans le karst et laisse le poisson entassé dans quelques vasques. Les canaux des Costières tiennent leur niveau.
Des canaux des Costières aux gorges du Gardon. Gratuit, sans carte bancaire.
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